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Asthme : Les erreurs à ne pas commettre

NHS et Royal College of Physicians

samedi 17 mai 2014, par Pharmacie du Rouret.

La Journée mondiale de l’asthme a rappelé le 6 mai que l’asthme est encore une maladie « qui tue ». C’est aussi le titre de ce rapport du Royal College of Physicians britannique, dont les principales conclusions sont présentées par le NHS. En cause ici, l’absence de suivi des recommandations, tant du fait des médecins, des professionnels de santé que des patients. Des facteurs évitables pour un décès sur 2. Point donc sur ces erreurs, à ne pas commettre.

L’asthme est une affection grave qui affecte les bronchioles qui transportent l’air à l’intérieur et hors des poumons. Chez les personnes souffrant d’asthme, les symptômes les plus courants sont une respiration sifflante, la toux et l’essoufflement et des crises qui se développent en réponse à certains déclencheurs comme l’exercice physique, une infection, une exposition à la pollution, au pollen, aux acariens, aux squames d’animaux et à certains médicaments. Ces crises peuvent être mortelles.
Il faut dire qu’au Royaume-Uni, le taux de décès liés à l’asthme est parmi les plus élevés en Europe.
Ainsi, 195 décès liés à l’asthme au Royaume-Uni au cours d’une année ont motivé cette étude, sur les facteurs évitables avec l’objectif de pouvoir formuler de nouvelles recommandations de prise en charge. Ici, 39 % des cas souffraient d’asthme sévère, 49 % d’asthme modéré et 9 % d’asthme léger.
Parmi les principaux facteurs de décès identifiés,
· l’absence de mise en œuvre des recommandations de prise en charge, pour, environ, la moitié des décès,
· une sur-prescription de médicaments de prise en charge des symptômes de la maladie,
· une insuffisance de prescription des médicaments de prévention,
en conclusion, dans la plupart des cas, l’asthme était mal contrôlé.
Précisément,
· 45 % des patients sont décédés sans demander une aide médicale ou avant l’arrivée des soins,
· 21 % avaient fréquenté un service d’urgence au moins une fois dans l’année précédente, mais 57 % des patients n’avaient pas consulté dans l’année précédant leur décès,
· 10 % sont décédés dans les 28 jours suivant leur sortie d’hospitalisation,
46 % des décès auraient pu être évités, avec,
· le diagnostic ou une meilleure expertise de l’asthme, ici déficiente dans 17% des décès,
· une connaissance des recommandations de prise en charge de l’asthme, ici déficiente pour 25 % des décès,
· un protocole de prise en charge de l’asthme, absent pour les ¾ des patients décédés,
· un examen annuel systématique, ici manquant pour la moitié des patients,
· la consignation dans les dossiers de soin du traitement, des infections ou allergies et des facteurs déclenchants.
Des erreurs médicales documentées :
· De prescription excessive de médicament : 39 % des patients décédés avaient reçu des inhalateurs de « soulagement » dans l’année précédant le décès, ce qui suggère un asthme mal contrôlé,
· de sous- prescription de traitement préventif : 80 % avaient reçu moins de 12 prescriptions de traitement mensuel préventif durant l’année précédente.
Des erreurs « patient » aussi ! Si une partie des décès peut être imputable à des décisions médicales, la majorité des facteurs de décès sont liés aux patients : C’est le cas pour 65% des décès, avec entre autres facteurs, la poursuite du tabagisme (19% !), l’exposition au tabagisme passif, l’absence d’observance du traitement ou des consultations planifiées.
Enfin, des facteurs psychosociaux sont également évoqués, chez près d’un patient sur 4 décédés. Plus d’un patient sur 4 souffraient de dépression et de troubles de santé mentale également non contrôlés.


Des recommandations :
· Un protocole personnel : Tous les patients souffrant d’asthme devraient recevoir des conseils par écrit sous la forme d’un plan d’action ou protocole personnel qui précise les mesures ou précaution à prendre, dont l’observance des traitements, la prévention des rechutes et des crises et la marche à suivre en cas d’urgence .
· Un examen structuré annuel : Au moins une fois par an, chaque patient devrait consulter un professionnel spécialisé dans l’asthme. Une surveillance encore plus rapprochée devrait être observée par les patients atteints d’asthme sévère.
· Un meilleur contrôle de l’asthme : tous les patients asthmatiques recevant de trop fréquentes prescriptions de médicaments destinés à soulager leurs symptômes devraient consulter avec pour objectif un meilleur contrôle de l’asthme.
· La formation des professionnels : les professionnels de santé devraient être mieux formés et conscients des facteurs qui augmentent le risque de crises d’asthme et de décès dont font partie les problèmes psychologiques et de santé mentale.
· L’éducation thérapeutique des patients : Les patients devraient recevoir une éducation thérapeutique sur les mesures d’évitement des déclencheurs, les conditions d’observance des traitements et les règles de mode de vie à observer pour éviter les rechutes.
Sources : NHS Asthma is still a ’killer,’ report warns et Royal College of Physicians Why asthma still kills - The National Review of Asthma Deaths

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