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Cancer du sein : Rock And Rho font bouger les cellules cancéreuses

PNAS

samedi 4 janvier 2014, par Pharmacie du Rouret.

En cas de faibles niveaux d’oxygène à l’intérieur des tumeurs, que font les cellules cancéreuses ? Elles s’adaptent pour promouvoir encore plus la propagation du cancer, explique cette étude de la Johns Hopkins qui décrit le processus moléculaire en chaîne qui permet aux cellules d’être encore plus mobiles et invasives. Ces travaux, présentés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine, soulignent l’importance des facteurs induits par l’hypoxie dans la propagation des métastases du cancer du sein et confirme 2 cibles qui favorisent ce que les chercheurs nomment ici le « groove » des cellules cancéreuses.


Des biologistes du Johns Hopkins ont découvert que les conditions d’hypoxie, qui persistent souvent à l’intérieur des tumeurs vont en fait favoriser le développement des métastases du cancer du sein. Alors que les protéines RhoA et ROCK1 étaient déjà connues pour aggraver, à niveaux élevés, le pronostic en cas de cancer du sein, les chercheurs confirment qu’elles dotent les cellules cancéreuses d’une capacité de mobilité supplémentaire et expliquent l’ensemble du processus moléculaire. Et si les gènes qui codent pour RhoA et ROCK1 étaient déjà connus pour être activés dans les cellules humaines de cancer du sein métastatique et si dans quelques cas, ces niveaux accrus pouvaient s’expliquer par une cause génétique, les scientifiques identifient ici le principal facteur déclenchant de ce processus, l’hypoxie.
L’hypoxie booste le mécanisme de survie des cellules cancéreuses : Lorsque les cellules tumorales se multiplient, l’intérieur de la tumeur commence à manquer d’oxygène, car il n’est plus alimenté par les vaisseaux sanguins. Ce manque d’oxygène active des protéines qui aident les cellules à s’adapter à la rareté de l’oxygène. S’il s’agit d’un mécanisme indispensable à la survie, il vaut aussi pour les cellules cancéreuses qui s’échappent alors de la tumeur pour se propager à d’autres parties du corps.
Des filaments et des « tentacules » : Les Prs Gregg Semenza et Michael Armstrong, auteurs de l’étude confirment : « La production de ces protéines augmente considérablement lorsque les cellules cancéreuses du sein sont exposées à une déficience en oxygène ». C’est alors que les cellules cancéreuses subissent de nombreuses modifications de structure, dont la formation de filaments minces (en vert sur le visuel du bas) qui permet aux cellules de se contracter et des sortes de tentacules (en rouge) qui permet aux cellules de se hisser le long des tissus.
De nouvelles cibles prometteuses : Non seulement RhoA et Rock1 qui induisent la formation de ces structures sont confirmées comme des cibles thérapeutiques prometteuses mais c’est également le cas pour l’ensemble des facteurs, induits par l’hypoxie qui déclenchent ce processus. Ainsi, en laboratoire, l’équipe montre avec succès qu’elle parvient à réduire la mobilité des cellules de cancer du sein en utilisant des astuces génétiques qui inhibent les facteurs inductibles par l’hypoxie. Maintenant que le mécanisme est compris, concluent les auteurs, nous espérons que les essais cliniques sur des médicaments qui inhibent ces facteurs confirmeront leur capacité de prévention des métastases chez les femmes atteintes de cancer du sein.
Source : PNAS December 9, 2013 doi : 10.1073/pnas.1321510111 Hypoxia-inducible factors mediate coordinated RhoA-ROCK1 expression and signaling in breast cancer cells

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