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Ces gros méchants génériques qui nous veulent du mal

lundi 8 avril 2013, par Rédaction santé réseau.

Décidément, les journalistes grand public ont la dent dure contre les génériques. Tant que ça provoque un peu de brouhaha médiatique... Dernier exemple en date, une enquête de L’Express accompagnant la sortie du livre de Sauveur Boukris, médecin   généraliste très critique à l’endroit des génériques.

« Le cri d’alarme des médecins », va même jusqu’à titrer l’Express qui pointe l’inquiétude grandissante de certains prescripteurs quant à l’efficacité et à l’innocuité des génériques.

Immédiatement le Gemme, le syndicat des fabricants de génériques a dénoncé cette publication regrettant que « la presse se fasse le relais de discours ressassés et sans pertinence scientifique. »

De fait, le dossier de L’Express n’apporte pas grand chose de neuf au débat. La recette est connue : une pincée de chiffres plus ou moins honnêtement présentés, un zeste d’aigreur que suscite parmi certains médecins (les seuls qui sont interrogés) une politique de contrainte médicale et une louche sur l’incompétence des autorités. Des autorités aveuglées par les économies que le générique permet d’engranger au détriment évidemment de la santé du patient.

Pour le Gemme, les éléments avancés dans ce dossier « ne sont que des exemples des très nombreux amalgames, approximations et erreurs contenus dans les témoignages rapportés ; il est nécessaire de souligner ici, l’absence totale, dans tous les propos cités, relevés et repris dans cet article, du moindre cas ou du moindre signalement étayé de pharmacovigilance  . »

Le code de déontologie des pharmaciens demande que les informations transmises aux patients soient franches et sincères voire étayées scientifiquement. On peut se poser la question sur ce que celui des médecins préconise en la matière.

Fait amusant, le lendemain de la publication de L’Express, une enquête réalisée par Deloitte et Harris révélait que « 83 % des Français sont prêts à utiliser systématiquement des médicaments génériques ». Un chiffre que la lecture du dossier de L’Express ne contribuera pas à augmenter.

Par ailleurs, nous aimerions connaitre l’opinion du Dr. Boulkris et de ses confrères sur la situation médicale des Etats Unis où le taux de substitution est de 80% (moins de 30% en France). Un drame sanitaire ?

En guise de conclusion, imaginons un instant que que chacun sache rester à sa place. Par exemple, les médecins pourraient diagnostiquer et prescrire et les pharmaciens s’occuper du médicament. Cela éviterait ce genre de gabegies pseudo-scientifiques qui ne servent qu’à paniquer inutilement les patients.

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