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Consommation d’alcool : pour ne plus couper les cheveux en 4 !

mardi 13 janvier 2015, par Rédaction santé réseau.

Une personne ayant subi une suspension ou un retrait du permis de conduire pour « conduite sous l’empire d’un état alcoolique » doit subit un contrôle médical avant l’éventuelle restitution de ce dernier. Et, depuis 2012, le médecin   agrée ou la commission médicale peut désormais prescrire « tout examen médical qui lui semble utile ».

Les dosages sanguins actuels dont nous disposons (volume globulaire moyen [VGM], Gamma glutamyl-transpeptidases [Gamma GT], transferrine désyalilée [CDT]) ne présentent pas une spécificité et une sensibilité « absolues » et certains médicaments peuvent les rendre faussement positifs. De plus, les résultats de ces dosages ne reflètent pas la consommation d’alcool à long terme. Quant aux tests urinaires, ils ne peuvent évaluer qu’un usage ponctuel d’alcool.

 Une véritable carte mémoire biologique

C’est dans ce contexte que l’Académie Nationale de Pharmacie met en exergue l’intérêt d’un marqueur direct, hautement spécifique, et très sensible, de la consommation d’alcool pendant une période de temps prolongée. Il s’agit de l’éthylglucuronide, produit du métabolisme hépatique de l’alcool qui reste stocké en faible quantité dans les phanères, et dans les cheveux en particulier. L’éthylglucuronide est très spécifique de l’alcool et sa concentration n’est pas influencée par la prise de médicaments. Un prélèvement de cheveu peut donner des informations sur sa présence mais aussi retracer l’historique de la consommation d’alcool dans le temps. Ainsi, « en cas de suspension du permis pendant 3 mois, il suffit d’analyser trois centimètres de cheveux pour prouver l’abstinence ou à l’inverse la consommation d’alcool au cours des trois mois en question. »

 Simple, indolore et au coût non prohibitif

Il s’agit d’un test non invasif, indolore, facile à réaliser (une mèche de 80 cheveux prélevée à l’arrière du crâne, de préférence, suffit). Une concentration en éthylglucuronide supérieure à 30 picogramme par milligramme dans les cheveux témoigne d’une consommation d’alcool supérieure à 60 g par jour (soit six verres standards). La composition chimique des cheveux une fois prélevés ne se modifiant pas dans le temps, ces derniers peuvent être conservés pendant une durée prolongée à l’abri de la lumière et de l’humidité. Enfin, le test peut être répété facilement pour un coût sensiblement équivalent aux autres tests actuellement en vigueur.

 Sur le plan légal

Cette analyse capillaire, prévue par le décret n°2003-293 du 31 mars 2003 relatif à la Sécurité Routière et l’article 221-3 du Code de la Route, est reconnue par la justice. Elle est aussi pratiquée en routine dans le cadre de la restitution des permis aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe (Belgique, Allemagne, Italie, Suisse, Grande-Bretagne, etc.).

 Vers une pratique systématique ?

L’Académie Nationale de Pharmacie recommande que « ces analyses soient systématiquement pratiquées lors des contrôles médicaux avant toute restitution du permis de conduire aux personnes sanctionnées pour conduite en état d’ivresse. Ces contrôles permettraient d’éviter les récidives meurtrières du fait de conducteurs restant en situation de consommation abusive chronique. »

L’intérêt de ce test capillaire qui permet un contrôle biologique fiable au long cours des consommations alcooliques dépasse ainsi le cadre de la sécurité routière. Il permettrait aussi de suivre l’évolution d’une addiction à l’alcool et de dépister rapidement une éventuelle récidive.

P.-S.

Source : UNIVADIS, MSD

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