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Contraception : Les plus jeunes innovent, les plus précaires laissent tomber

samedi 22 septembre 2012, par Pharmacie du Rouret.

Car, si en France, la pilule reste le premier mode de contraception avec une utilisation chez 50 % des femmes de 15-49 ans (sous contraception), son utilisation tend à diminuer et, depuis 10 ans, les nouvelles méthodes hormonales de contraception comme l’implant, le patch et l’anneau vaginal progressent, sauf chez les jeunes femmes de 20-24 ans. Seul « hic », le stérilet, dont les avantages sont mis en évidence par de nombreuses études, reste réservé aux femmes qui ont eu des enfants. Des résultats de l’enquête Fecond réalisée par l’Inserm et l’Ined, publiés dans la dernière édition de la revue Population & Sociétés.

Le modèle contraceptif français a peu évolué ces 10 dernières années, avec toujours un fort recours au préservatif en début de vie sexuelle, une utilisation généralisée de la pilule chez les jeunes femmes et du stérilet après la naissance des enfants. Cependant de nouvelles tendances sont mises à jour avec cette étude :
· La baisse de l’utilisation de la pilule depuis le début des années 2000 (– 4,6 %). Ce recours à la pilule baisse aussi chez les plus jeunes (18-19 ans) comme chez les femmes de 25-29 ans (– 5,8%).
· Une baisse compensée par l’adoption des nouvelles méthodes hormonales utilisées aujourd’hui par 4 % des femmes en 2010. Ainsi, 2,6 % des femmes de 15-49 ans ont adopté l’implant, 1% l’anneau vaginal et 0,4% le patch contraceptif.
· Alors que le stérilet est plébiscité par les dernières études scientifiques comme mode de contraception d’urgence comme de long terme, son utilisation poursuit sa baisse alors que l’utilisation du préservatif progresse toujours. Plus d’une femme de 15-17 ans sur deux l’utilise et, parfois, en association avec la pilule (dans 15 % des cas). La proportion de femmes y ayant recours décline au fil de l’âge.
· La stérilisation contraceptive reste, quant à elle très minoritaire avec 3,9 % qui en ont fait le choix.
Le recours au stérilet lié au suivi par un gynécologue : Intéressant, le type de suivi médical varie également selon le milieu social avec des conséquences sur le choix de la contraception. Les ouvrières sont 73 % à être suivies par un gynécologue pour leur contraception vs 82 % des femmes cadres. Et les femmes qui consultent un gynécologue utilisent moins souvent la pilule que celles suivies par un généraliste (48 % contre 70 %) mais ont davantage recours au stérilet (26 % contre 7 %).
Précarité et contraception : Ou la contraception pourrait-elle, dans certains cas, être « un soin » de luxe ? L’étude suggère en effet que le recours en baisse à la pilule des 20-24 ans, avec une diminution moins marquée chez les femmes les plus diplômées pourrait être associée à la dégradation de la situation économique des jeunes femmes au cours des dix dernières années. La tranche des 20-24 ans est frappée de plein fouet par le chômage (taux de 16,5 % en 2000 à 21,2 % en 2010) et ces jeunes femmes, qui ne vivent plus chez leurs parents, connaissent une situation financière délicate et, justement, utilisent moins souvent la pilule que les autres (71 % contre 88 %).
Ainsi, chez les 3 % de femmes qui n’utilisent pas de contraception du tout, sans pour autant souhaiter tomber enceintes, les femmes confrontées à une situation financière difficile, peu ou pas diplômées, ou vivant en milieu rural, sont les plus représentées.
Source : Communiqué Inserm et Population & Sociétés n° 492“La contraception en France : nouveau contexte, nouvelles pratiques ?”

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