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ERREURS MÉDICAMENTEUSES : Une progression toxique

Clinical Toxicology

samedi 22 juillet 2017, par Pharmacie du Rouret.

Une augmentation de 100% de l’incidence de ces erreurs, sur la période 2000 à 2012

Chaque 21 secondes, quelqu’un aux États-Unis appelle le Centre anti-poisons en raison d’une erreur médicamenteuse ou d’une ingestion médicamenteuse accidentelle. Cette étude du Nationwide Children’s Hospital appelle tout particulièrement les parents à respecter les mesures d’éloignement et de stockage des médicaments hors de portée des enfants. Ses conclusions, présentées dans la revue Clinical Toxicology, révèlent une augmentation de 100% de l’incidence de ces erreurs, sur la période 2000 à 2012. Des taux d’erreurs médicamenteuses qui augmentent pour toutes les tranches d’âge, ou presque.

Les erreurs médicamenteuses peuvent causer des dommages considérables, notamment chez les enfants et les personnes âgées particulièrement vulnérables. On sait que chez les résidents ces accidents iatrogéniques sont 60% plus fréquents et concernent 16 à 27% des résidents.

L’équipe du national Children’s Hospital a analysé les appels aux centres anti-poisons, associés à des erreurs médicamenteuses, à travers les US sur une période de 13 ans. Ont été prises en compte les erreurs ayant entraîné des effets médicaux sévères. Ces expositions, qui se sont produites en dehors des établissements de soins de santé, principalement au domicile, touchent des personnes de tous âges et sont associées à une grande variété de médicaments. L’analyse révèle :

  • une augmentation de 100% de l’incidence de ces erreurs médicamenteuses sévères en 13 ans, soit pour 100.000 un taux qui progresse de 1,09 en 2000 à 2,28 en 2012 ;
  • la fréquence et les taux d’erreurs de médicaments augmentent pour toutes les tranches d’âge, sauf chez les enfants de moins de 6 ans ;
  • chez les enfants de moins de 6 ans, le taux d’erreurs augmente au début du suivi de l’étude puis commence à décline à compter de 2005. Cette baisse d’incidence est directement corrélée à l’arrêt d’utilisation de certains médicaments contre la toux et le rhume, soulignent les auteurs.

Les médicaments les plus fréquemment associés à des effets sévères s’avèrent :

  • les médicaments cardiovasculaires : 21%,
  • les analgésiques (dont médicaments comportant de l’acétaminophène (44%) ou des opioïdes) : 12%,
  • les hormones ou antagonistes hormonaux (insuline) : 11%.

Les médicaments cardiovasculaires et analgésiques combinés représentent ainsi plus des 2 tiers des décès liés aux erreurs médicamenteuses recensées dans cette étude.

Les fabricants de médicaments et les pharmaciens ont un rôle clé à jouer dans la réduction de ces erreurs de médicaments, concluent les chercheurs qui évoquent des améliorations possibles d’information sur les boîtes, les notices et l’étiquetage des produits : « Les instructions de dosage pourraient être plus précises et plus lisibles ».

Quels types d’erreurs ? Dans l’ensemble, les types les plus courants d’erreurs médicamenteuses comprennent la prise du « mauvais médicament », une posologie incorrecte et, la prise par 2 fois, par inadvertance, d’un médicament. Chez les enfants, ce sont les erreurs de dosage et la prise par inadvertance d’un traitement destiné à un adulte. Un tiers de ces erreurs ont entraîné une admission à l’hôpital.

La gestion de la délivrance est une compétence importante pour tous les acteurs, mais les parents et les soignants ont la responsabilité supplémentaire de gérer les médicaments des autres, relèvent les auteurs.

P.-S.

Source : Clinical Toxicology (In Press) via Eurekalert (AAAS) 10-Jul-2017 Study finds rate of medication errors resulting in serious medical outcomes rising

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