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ETP : L’éducation du patient incontinent (partie 1)

mercredi 15 juillet 2015, par Pharmacie du Rouret.

L’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à aider les personnes à acquérir ou maintenir les compétences dont elles ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie ou un trouble chronique. L’ETP comprend des ateliers organisés pour soutenir et informer les patients sur leur maladie, les soins ou dispositifs nécessaires, les procédures, et les modes de gestion possibles. Son objectif, aider les patients à comprendre les traitements et être ainsi acteurs de leur propre prise en charge. En cela, l’ETP contribue à maintenir voire améliorer leur qualité de vie. On comprend donc que l’ETP revêt un caractère essentiel lorsque l’on parle d’incontinence.

Rappels des objectifs l’ETP :

  • comprendre la continence et l’incontinence,
  • comprendre la physiopathologie et les raisons d’une prise en charge spécifique,
  • connaître les différentes règles d’hygiène de vie permettant de faciliter la continence et d’éviter les complications,
  • repérer les signes d’alerte,
  • connaître, éviter ou réduire les facteurs aggravants (comme la déshydratation et les complications : contamination, infection, irritation cutanée, escarre, chute),
  • comprendre le traitement,
  • comprendre les avantages et spécificités d’usage des différentes protections et dispositifs,
  • comprendre les répercussions socio-familiales de la maladie,
  • savoir faire face en cas de complication ou de modification de l’environnement,
  • ajuster le régime alimentaire et l’hydratation en fonction de la symptomatologie,
  • appliquer les différentes règles d’hygiène de vie favorisant la continence,
  • choisir les protections adaptées à chaque activité et moment de la journée,
  • adapter son environnement et mettre en place des aides techniques pour faciliter les transferts et/ou l’accès aux toilettes,
  • savoir où et quand consulter,
  • savoir rechercher l’information utile.

Le diagnostic éducatif :

  • un entretien semi-dirigé mené par le professionnel de santé doit permettre de déterminer avec le patient et/ou son aidant, ses principaux facteurs de risque d’incontinence urinaire, à partir de,
  • son mode de vie,
  • ses facteurs environnementaux,
  • ses fonctions cognitives,
  • ses critères psycho-comportementaux,
  • ses marqueurs biologiques,
  • ses facteurs socio-professionnels.

Les objectifs du diagnostic éducatif sont :

  • Préciser les troubles vésico-sphinctériens, leur ancienneté,
  • Evaluer les croyances et les connaissances du patient ou du proche,
  • Identifier les conditions de vie (environnement spatial et social),
  • Identifier l’état fonctionnel,
  • Evaluer les ressources cognitives,
  • Evaluer les ressources et croyances psychiques,
  • Préciser les demandes et les attentes du patient et de ses proches,
  • Hiérarchiser ses priorités d’apprentissage.

Les facteurs de risque d’incontinence urinaire :

Ils doivent être clairement identifiés lors de l’entretien. Ils comprennent :

· l’anxiété,

· l’excès d’alcool ou de boissons à base de caféine (café, thé, cola, … etc.),

· la pratique de certains sports (course à pied, corde à sauter…),

· la prise de certains médicaments (diurétiques à action rapide, sédatifs et hypnotiques, médicaments ayant une action « anticholinergique » (neuroleptiques, antidépresseurs, stupéfiants, antiparkinsoniens, anti-arythmiques, antispasmodiques, antihistaminiques, antagonistes du calcium),

· la constipation sévère,

· le relâchement des muscles de la vessie ou du plancher pelvien,

· l’infection urinaire (cystite...) et le développement de calculs (lithiase) de la vessie,

· une hernie de la vessie dans le vagin ou la descente de vessie (prolapsus),

· les antécédents d’accouchement, de chirurgie gynécologique,

· la ménopause,

· les troubles neurologiques pouvant affecter les nerfs qui contrôlent la vessie,

· l’obésité,

· différents déficits liés à l’âge…

Les modes de prévention et de réduction de l’incontinence urinaire. Ils doivent être identifiés de manière spécifique pour chaque sujet. Ils comprennent,

  • le rétablissement d’un bon fonctionnement de l’appareil urinaire : une vessie capable de stocker et d’expulser l’urine et un urètre qui s’ouvre et se ferme de manière adéquate.
  • l’amélioration du degré d’autonomie du sujet, par des protections adaptées notamment, de sa capacité de déplacement pour atteindre les toilettes à temps (avec ou sans aide), de sa capacité à s’essuyer et de réajuster ses vêtements (dextérité),
  • le maintien et l’entretien des aptitudes cognitives et sociales de la personne à ressentir le besoin d’uriner et à trouver à temps un site de miction,
  • l’amélioration de la motivation physiologique,
  • par une hydratation adéquate,
  • par la surveillance de l’intégrité de la moelle épinière et des nerfs périphériques.
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