> Pharmacie du Rouret > Nos news > ETP : L’éducation du patient incontinent (partie 2)

ETP : L’éducation du patient incontinent (partie 2)

mercredi 15 juillet 2015, par Pharmacie du Rouret.

Les modes de prise en charge de l’incontinence urinaire. Les traitements diffèrent selon l’origine de l’incontinence et doivent traiter précisément la cause lorsqu’elle est identifiée.

Les modes de prise en charge de l’incontinence urinaire. Les traitements diffèrent selon l’origine de l’incontinence et doivent traiter précisément la cause lorsqu’elle est identifiée.

Les traitements sont donc spécifiques à chaque type d’incontinence urinaire :

· Dans l’urgenturie ou instabilité vésicale, il convient :

Ø dans un premier temps, avec l’aide du médecin   traitant, d’éliminer dans la mesure du possible, les médicaments à effet néfaste sur l’appareil vésico-sphinctérien (cholinergique ou stimulant de la vessie),

Ø dans un second temps, un traitement anticholinergique peut être proposé et prescrit, en l’absence de contre-indication : la toltérodine (Detrusitol®), le chlorure de trospium (Ceris®) et Solifenacine (Vesicare®) sont recommandés.

Ø L’injection de toxine botulique au niveau du muscle de la vessie, le détrusor, remboursée par la sécurité sociale peut être envisagé dans certains cas.

Ø La neuro  -modulation par stimulation de la racine du nerf S3 permet l’inhibition de la contraction du muscle de la vessie ; si le résultat est positif c’est-à-dire amélioration des symptômes d’au moins 50%, on peut placer un boitier sous cutané avec télécommande (remboursé par la sécurité sociale).

· Dans l’incontinence urinaire d’effort :

Ø Le traitement par œstrogènes locaux (notamment) : Colpotrophine® ou Trophigil® (ovule et/ou pommade sur l’ovule pour une meilleure tolérance).

Ø La rééducation périnéale (par travail manuel de verrouillage en situation à risque ou biofeedback et électrostimulation par sonde vaginale).

Ø La chirurgie (injections sous urétrales et péri-urétrales du sphincter urétral, bandelette sous-urétrale (TVTO) ou bandelette trans-obturatrice (TOT), sphincter artificiel).

· Dans l’incontinence urinaire par rétention urinaire :

Ø Par méthode de programmation des mictions en position physiologique à l’aide d’une grille mictionnelle spécifique (utiliser un bassin à l’envers, en position assise, dans le lit pour les femmes grabataires ou dans l’incapacité de se lever).

Ø En cas d’absence totale de miction avec vidange vésicale impossible :

§ Réaliser un sondage urinaire intermittent ou sonde à demeure,

§ Parallèlement, dans tous les cas où la vidange vésicale est insuffisante, le médecin   pourra poursuivre les investigations complémentaires :

§ L’apport de substances médicamenteuses actives (α-bloquants) sur la motricité vésico-sphinctérienne est une aide précieuse pour la reprise des mictions et en vue de l’ablation de la sonde à demeure (prescrit par le médecin   traitant).

· Les traitements de l’incontinence urinaire extra-urétrale (fistules vésico-vaginale et vaginorectale) et d’origines neurologiques plus rares dépendent du traitement de la cause.

L’abandon des « mauvaises habitudes » doit également être abordé avec le patient. Il s’agit notamment d’oublier :

· les bains de siège,

· les savons parfumés,

· les gants de toilettes utilisés plusieurs fois,

· les serviettes défraîchies,

· les bains chauds sans douche et toilette préalables,

· les déodorants intimes,

· les protège-slips parfumés, protections dites « périodiques » ou toute autre protection non adaptée à l’incontinence. Pour une incontinence légère, il existe, pour la Femme, des protège-slips conçus spécialement pour les petites fuites disponibles en différents niveaux d’absorption (Ex : TENA Lady Ultra Mini et TENA Lady Ultra Mini Plus).

Les dispositifs non adaptés à l’incontinence et l’usage des produits cités plus haut sont autant de menaces pour l’équilibre de la flore locale.

Quelle procédure conseiller pour l’hygiène intime ?

Il est bon à rappeler, au patient, que la toilette intime se pratique une fois par jour, plus une autre fois si il y a eu émission de selles, avec de l’eau et du savon. Le reste du temps, un simple rinçage rafraîchissant à l’eau claire est suffisant.

Il convient de procéder de la manière suivante :

· d’abord se rendre aux toilettes pour miction préalable,

· prendre le temps d’uriner et de bien vider sa vessie, cela permettra d’éviter les fuites et de rester au sec plus longtemps,

· humidifier le périnée,

· utiliser un savon doux, sur-gras ou savon de Marseille,

· commencer par savonner les poils pubiens,

· aborder délicatement l’entre-jambe pour progresser jusqu’à l’anus sans jamais revenir vers l’avant, afin de ne pas contaminer le périnée antérieur (surtout chez la femme) avec les germes provenant de l’anus et ou du tube digestif.

Comment accompagner ces gestes d’hygiène périnéale : Le soignant ou l’aidant est fréquemment confronté à cet accompagnement « dans l’intime ».

  • Pour les gestes d’hygiène périnéale, il faut procéder calmement, maîtriser sa gêne, oser « entrer » dans cet intime avec douceur et respect (passer le gant entre les petites lèvres chez la femme et décalotter le gland chez l’homme).
  • Tout comme on a procédé pour le savonnage, il faut procéder au rinçage, puis à l’essuyage (toujours de l’avant vers l’arrière) non pas en frottant, mais en tamponnant délicatement tous les plis et recoins.
  • Ensuite, bien sécher le périnée pour éviter les macérations liées à l’humidité (favorables au développement des mycoses).
  • Ne pas oublier de recalotter le gland chez l’homme.
  • Avoir recours, dans certains cas, aux crèmes hydrophobes, en vente en parapharmacie, pour renforcer la barrière cutanée et adoucir cette peau fragile.
  • Changer les sous-vêtements chaque jour. On les choisira de préférence en coton ou au moins à l’entrejambe. En cas de fuites fréquentes, on pourra avoir recours aux protections de type sous-vêtement (ex : TENA Lady Silhouette Normal pour une femme, TENA Pants Men Niveau 4 pour l’homme).
  • Si le patient porte un autre type de protections, comme des serviettes pour femme, ou des protections de type « coque » pour homme (Ex : TENA Men Niveau 1 ou 2), il faut les changer 3 fois par jour.
  • Si l’autonomie du patient le permet, la douche quotidienne reste le meilleur moyen de procéder à la toilette intime.
  • La programmation dans la journée de 3 ou 4 mictions dans la journée contribuera enfin à entretenir l’autonomie et la mobilité physique du patient.

Enfin, comme on se lave le corps de l’extérieur, il faut pouvoir le laver de l’intérieur. Pour cela un seul moyen, boire au moins un litre de boissons dans la journée.

P.-S.

Auteur : Dr Lamia Fourni Consultation d’urodynamique Unité de Gériatrie Aiguë Hôpital Antoine-Béclère, Clamart (AP-HP) Biblio : ETP-Haute Autorité de Santé

Tags

 :: Info Santé ::

page suivante