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GROSSESSE : La prise d’ANTIDÉPRESSEURS liée à une augmentation du risque d’autisme chez l’enfant

BMJ

mardi 25 juillet 2017, par Pharmacie du Rouret.

Il y a augmentation du risque d’autisme pour les enfants de mères ayant pris des antidépresseurs durant leur grossesse mais le risque reste faible

De nombreuses études ont posé la question des effets des antidépresseurs pris durant la grossesse sur l’enfant à naître. Avec des conclusions parfois contradictoires. Cette nouvelle étude révèle que les médicaments antidépresseurs pris pendant la grossesse peuvent être liés, avec un effet certes limité, au développement de l’autisme chez les enfants. De nouvelles données présentées dans le British Medical Journal qui, une nouvelle fois, n’excluent pas l’utilisation d’antidépresseurs pendant la grossesse : « Il pourrait y avoir des risques sévères à arrêter l’utilisation d’antidépresseurs pendant la grossesse, tant pour la mère que pour le fœtus. Les bénéfices de ces médicaments pour les mères qui en ont besoin ne devraient pas être oubliés ».

2 études récemment publiées dans le JAMA ont examiné le risque d’autisme et d’autres effets secondaires néfastes pour l’Enfant, liés aux antidépresseurs pendant la grossesse. Leurs conclusions étaient plutôt rassurantes : car une fois pris en compte les facteurs génétiques (familiaux) et environnementaux autres que cette exposition in utero aux antidépresseurs, l’augmentation du risque de ces 2 troubles neurologiques (TSA et TDAH) apparait non significative. Cependant d’autres études ont lié l’exposition in utero aux antidépresseurs à un risque accru de trouble du spectre autistique (TSA). En particulier, avec une classe spécifique d’antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).

Ici, c’est l’analyse des données d’une cohorte d’enfants nés entre 2001 et 2011 qui constate que les enfants nés de mères ayant pris des antidépresseurs à n’importe quel stade de leur grossesse ont un risque accru de 45% de diagnostic d’autisme. Cependant, l’analyse montre aussi que ce risque reste faible en valeur absolue et que seulement 2% des cas d’autisme seraient évités sans cette exposition des femmes enceintes aux antidépresseurs.

Il y a augmentation du risque mais le risque reste faible : ainsi, parmi les enfants exposés aux antidépresseurs pendant la grossesse, 4,1% ont reçu un diagnostic d’autisme. En comparaison, la prévalence de l’autisme chez les enfants de mères ayant des antécédents de troubles psychiatriques mais n’ayant pas pris d’antidépresseurs pendant la grossesse s’élève à 2,9%.

Les antidépresseurs prénataux liés spécifiquement à des diagnostics d’autisme chez des enfants encore exempts de déficience intellectuelle. Ainsi, cette exposition in utero serait associée spécifiquement à une forme d’autisme plutôt « héréditaire », soulignent les chercheurs, comme si les médicaments venaient renforcer des traits de susceptibilité génétique. Enfin, en conclusion, si l’augmentation notable des diagnostics d’autisme est bien avérée chez les enfants dont les mères ont pris des antidépresseurs durant leur grossesse, l’équipe souligne que plus de 95% des enfants de ces mères exposées n’ont pas reçu un tel diagnostic.

Les conseils adressés aux femmes enceintes comme aux cliniciens sont très clairs : La décision de prescription d’antidépresseurs chez une femme enceinte ne doit pas être fondée sur ce risque, émergent au fil des études, mais faible, mais sur les bénéfices de ces traitements encas de dépression avérée.

« Il est risqué d’arrêter les antidépresseurs pendant la grossesse, tant pour la mère que pour le fœtus. Les bénéfices de ces médicaments pour les mères qui en ont besoin doivent être rappelés ».

P.-S.

Source : BMJ 19 July 2017 DOI : 10.1136/bmj.j2811 Antidepressants during pregnancy and autism in offspring : population based cohort study

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