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Horloge biologique : PERiod 1, le gène du rythme de vie et de l’heure de la mort

samedi 22 décembre 2012, par Pharmacie du Rouret.

S’il y a un rythme circadien de la vie, il y a aussi un rythme circadien de la mort qui détermine si certaines personnes sont plus susceptibles de mourir aux heures matinales ou tardives. Ce variant génétique, extrêmement commun en population générale, découvert avec cette étude du Beth Israel Deaconess Medical Center permet ainsi de déterminer si vous êtes plutôt un lève-tôt ou un noctambule et le moment de la journée où vous êtes le plus susceptible…de mourir.


Découverte de ce gène PER1 ou Period 1 dans l’édition de novembre des Annals of Neurology qui, au-delà de « l’anecdote » aura des conséquences cliniques importantes, comme dans la planification des traitements médicaux ainsi que dans le suivi de l’état des patients vulnérables.
La plupart des processus de l’organisme suivent un rythme biologique lié à l’horloge circadienne. A certains moments de la journée, on se sent plus en forme, lorsque la pression artérielle est plus élevée et le cœur à plein régime. Plusieurs mutations génétiques impactant cette horloge biologique ont été déjà été identifiées. Certaines d’entre elles vont même entraîner des rythmes de vie, de lever et de coucher très spécifiques chez des familles entières. D’une manière générale, rappellent les auteurs, l’horloge biologique interne réglemente de nombreux aspects du comportement humain, comme le sommeil, la performance cognitive ou la planification de nombreux processus physiologiques. Mais elle influence aussi le moment de graves événements médicaux tels que les AVC   et les crises cardiaques.
PER 1 influe donc sur le rythme de vie au jour le jour durant toute la vie, mais va donc aussi permettre de déterminer le moment probable de la mort. Le Dr Andrew Lim, auteur principal et chercheur postdoctoral au service de neurologie du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) explique : « De précédents travaux chez les jumeaux ont suggéré que le retard ou la précocité de son horloge peut être héréditaire, des expériences sur l’animal ont également suggéré l’influence de gènes spécifiques ».
En recherchant pourquoi les personnes âgées ont du mal à dormir, dans le cadre d’une recherche sur 1.200 personnes âgées de 65 ans -axée sur l’identification de signes précurseurs de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer- les chercheurs ont recueilli des données via un actigraphe sur l’activité et le cycle veille-sommeil des participants et ont pu, dans l’année du décès, étudier leurs cerveaux puis récupérer leurs données de génotype.
Quel est votre génotype ? Les chercheurs constatent alors qu’un seul nucléotide à proximité du gène PER1 ou period 1 diffère dans 2 types de comportement veille-sommeil. Sur ce site, dans le génome, 60% des sujet ont une base dite adénine (A) et 40% une base dite guanine (G). Chez un individu donné, il y a une probabilité d’environ 36% d’avoir AA, une probabilité de 16% d’avoir GG et une probabilité de 48% d’avoir une combinaison de A et G sur ce site. Ce génotype particulier affecte le cycle veille-sommeil de tout le monde :
· le génotype AA va favoriser un réveil une heure plus tôt vs le génotype GG, AG se situera exactement au milieu
· l’expression du gène Période 1 est plus faible dans le cerveau et les globules blancs des personnes à génotype GG vs AA, mais seulement durant la journée, période durant laquelle le gène est normalement exprimé.
On meurt plutôt vers 11 heures…Cette découverte qu’un seul génotype largement présent en population permet de déterminer le moment du réveil ou du coucher, peut évidemment affecter d’autres aspects du rythme circadien de l’organisme. « Il y a aussi un rythme circadien de la mort qui détermine si certaines personnes sont plus susceptibles de mourir aux heures matinales ou tardives. L’heure médiane est plutôt aux alentours des 11 heures », précise le Dr Clifford Saper, co-auteur de l’étude. Ainsi, sur les participants, le génotype prédit 6 heures de variation dans l’heure du décès. Le génotype AA correspond plutôt à une heure de décès vers les 11H, le génotype GG plutôt vers 18H.
Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes sous-jacents liés à ces variants sur l’horloge biologique du corps. Mais cette découverte pourrait déjà conduire à de nouvelles thérapies pour traiter les troubles de l’horloge biologique comme ceux identifiés dans le travail de nuit par exemple, ou assurer, à certaines heures, une surveillance accrue des patients à risque élevé.
Source : Annals of Neurology 2 OCT 2012 DOI : 10.1002/ana.23636 A common polymorphism near PER1 and the timing of human behavioral rhythms

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