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Infections sexuelles transmissibles : Quand la gonorrhée devient résistante

mercredi 19 juin 2013, par Pharmacie du Rouret.

Alors qu’une nouvelle souche nommée H041 de gonorrhée détectée au Japon il y a plusieurs années fait la une des medias américains, bien que non détectée aux Etats-Unis, les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) alertent sur la menace de la gonorrhée, qui devient résistante aux médicaments. Mais, quoiqu’il en soit, pas de menace imminente de la part de H041 !

Chaque année, 106 millions de personnes contractent la gonorrhée, qui se transmet par voie sexuelle. La maladie est causée par Neisseria gonorrhoeae, une bactérie qui se transmet principalement par contact sexuel avec le pénis, le vagin, la bouche ou l’anus et par transmission mère-enfant. Une gonorrhée non traitée entraîne des conséquences graves pour la santé, dont la stérilité et le risque de grossesse extra-utérine mortelle, chez les femmes. Enfin, non traitée la gonorrhée non traitée peut
augmenter le risque de contracter ou de transmettre le VIH. Aujourd’hui, N. gonorrhoeae a développé une résistance à plusieurs classes d’antimicrobiens, y compris les β-lactamines, tétracyclines, et les fluoroquinolones.
La gonorrhée est la seconde maladie infectieuse la plus fréquemment signalée aux États-Unis et si, son incidence a fortement baissé au cours des dernières années, les CDC estiment aujourd’hui que plus de 700.000 Américains seraient encore infectés chaque année. Appelée aussi blennorragie ou chaude-pisse, la gonorrhée devient une véritable priorité de Santé publique, alors que plusieurs pays, parmi lesquels l’Australie, la France, le Japon, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède, signalent des cas de résistance aux céphalosporines, dernière classe d’antibiotiques encore disponible pour traiter l’infection.
Aujourd’hui, les CDC alertent sur la baisse d’efficacité des céphalosporines, sur la base de l’analyse, chaque année de plus de 6.000 prélèvements chez des hommes souffrant de gonorrhée urétrale dans 30 villes américaines. La proportion d’échantillons présentant un taux élevé de concentrations minimales inhibitrices indiquent que des concentrations de plus en plus élevées de céphalosporines sont nécessaires pour empêcher la croissance des bactéries. Alors que la « CMI » (Concentration minimum inhibitrice) est la plus faible concentration d’antibiotiques nécessaires pour arrêter la croissance des bactéries, de 2006 à 2011, le taux d’échantillons présentant des CMI élevées a augmenté de 0, 1% à 1,4% pour la céfixime, une céphalosporine de 3e génération.
La nouvelle souche dont on parle, appelée H041, identifiée en 2009 au Japon, présente ainsi une CMI élevée pour la ceftriaxone, est hautement résistante à la pénicilline, à la céfixime, à la lévofloxacine. Cependant, on a pu démontrer sa sensibilité à la spectinomycine et dans une mindre mesure à l’azithromycine.
De nouvelles directives américaines : Alors qu’un nombre restreint mais croissant d’échecs thérapeutiques avec céfixime ont été observés dans d’autres pays que les Etats-Unis et les CDC suggèrent que ce n’est qu’une question de temps avant que la gonorrhée ne devienne résistante aux traitements actuellement disponibles et propose de ne plus utiliser céfixime en première intention, recommandant la Ceftriaxone injectable en combinaison avec l’un de ces 2 antibiotiques par voie orale, l’azithromycine ou la doxycycline.
Source : CDC Drug Resistant Gonorrhea et Antimicrob Agents Chemother 2011 July doi : 10.1128/AAC.00325-11 Is Neisseria gonorrhoeae Initiating a Future Era of Untreatable Gonorrhea ? Detailed Characterization of the First Strain with High-Level Resistance to Ceftriaxone

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