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Le cranberry contre les cystites

mardi 17 août 2010, par Rédaction santé réseau.

En France cette petite baie rouge s’appelle la canneberge et est utilisée dans le traitement des cystites.

Les infections des voies urinaires sont un problème non négligeable et doivent être prises au sérieux. Selon certaines estimations, environ 60 % des femmes souffrent au moins une fois dans leur vie d’une telle infection qui, dans la plupart des cas, est déclenchée par certains types de bactéries E.coli ( coliforme fécale). En 1984, les premières analyses et études effectuées ont prouvé que le Cranberry présentait un fort pouvoir d’assainissement des voies urinaires. Depuis cette date, ces résultats ont été corroborés par de nombreuses études scientifiques.
Connue depuis des décennies Outre-Atlantique, la Cranberry (parfois appelée canneberge, bien qu’il ne s’agisse pas exactement de la même plante) est une petite baie rouge au jus amer et acidulé à la fois. Les Américaines la consomment comme remède traditionnel contre les infections urinaires sous forme de jus ou de comprimés. Une propriété qui a été reconnue en France par l’Agence de sécurité sanitaire   des aliments.

Cranberry, c’est son nom anglo-saxon. En France, on l’appelle canneberge ou « grande airelle rouge ». Amère et acidulée à la fois, cette petite baie rouge est connue aux Etats-Unis depuis des lustres. Ces jus sont des boissons désaltérantes, mais sont également bien connues pour leurs vertus santé.

Un remède traditionnel des cystites
En France, près de deux millions de femmes sont chaque année victimes d’infections urinaires récidivantes. Malgré les douleurs et le handicap qu’elles suscitent, les moyens dont disposent les médecins restent minces. Le traitement de référence repose sur la prise d’antibiotiques, qui diminue le taux de récidive. Cependant, les phénomènes de résistance des bactéries aux antibiotiques sont de plus en plus fréquent et la prise en charge peut alors relever du casse-tête. Aux Etats-Unis, le jus de fruits de cranberry (Vaccinium macrocarpon) est consommé depuis plusieurs décennies comme remède traditionnel de ces infections urinaires.
Plusieurs études très sérieuses ont permis de prouver que la consommation de ce jus de fruit permet de réduire la fréquence des infections urinaires chez des jeunes femmes1,2 mais également des femmes âgées3. Une réduction qui selon les études et les doses varie entre - 20 % et - 60 %. Cet effet serait également observé avec des comprimés de poudre encapsulée4.
Enfin, la consommation régulière de ce jus de cranberry offre même une bonne protection contre les bactéries résistantes aux antibiotiques5.
Voici le mode de fonctionnement des polyphénols de la Cranberry : L’effet anti-adhésif bactérien empêche la fixation des bactéries sur les parois du tractus urinaire
Les Cranberries contiennent des proanthocyanidines, mieux connue sous le nom de tanins condensés. Ces substances ont un pouvoir manifeste d’empêcher l’adhérence des bactéries pathogènes sur les parois du tractus urinaire. Par la suite, ces bactéries sont tout simplement évacuées par les urines, sans avoir pu déclencher une infection.
HISTORIQUE ETUDES
1991 : Les scientifiques de l’université de Tel-Aviv constatent que les Cranberries contiennent des molécules capables d’éviter la fixation de certaines bactéries E.coli sur la paroi interne de la vessie.
I.Ofek, J. Goldhar, D. Zafiri, H. Lis, R. Adar, N. Sharon : Anti-Escherichia coli adhesion activity of cranberry and blueberry juices. New England Journal of Medicine 324 (1991), S. 1599

1994 : Des tests cliniques effectués à la Harvard Medical School de Boston, Etats-Unis, révèlent que la consommation régulière de boissons au jus de Cranberry réduit de façon notable les bactéries contenues dans les urines des femmes d’un certain âge.
J. Avorn, M. Monane, J. H. Gurwitz, R.J. Glynn, I. Choodnovskiy, L.A. Lipsitz : Reduction of Bacteriuria and Pyuria After Ingestion of Cranberry Juice. Journal of the American Medical Association 271 (1994) S. 751-754

1997 : Une étude effectuée par l’université Weber State sur un panel de femmes entre 18 et 45 ans confirme les effets bénéfiques des Cranberries. Pendant 6 mois, les participantes à cette étude se sont vues administrer un complément alimentaire à base de Cranberries à absorber quotidiennement. La fréquence d’infections urinaires fut réduite significativement par rapport aux femmes auxquelles un placebo avait été administré.
E. B. Walker, D. P. Barney, J. N. Mickelsen, R. J. Walton, R. A. Mickelsen Jr. : Cranberry concentrate. UTI prophylaxis. Journal of Family Practice 45 (1997), S. 167-168

1998 : Les scientifiques de l’université Rutgers ( New Jersey) ont identifié pour la première fois les substances qui sont responsables pour l’effet anti-adhésif bactérien : les proanthocyadinines (ou tanins condensés) de type « A » avec des doubles liaisons, uniques pour le fruit cranberry.
A. B. Howell, N. Vorsa, A. Der Marderosian, L. Y. Foo : Inhibition of the adherence of p-fimbriated Escherichia coli to uroepithelial-cell surfaces by proanthocyanidin extracts from cranberries. New England Journal of Medicine 339 (1998), 1085-1086

2002 : Une étude clinique menée par un urologue de l’université British Columbia avec 150 femmes a corroboré que la consommation régulière de jus ou de poudre de Cranberries réduisait la récurrence des infections urinaires. Les participants à cette étude ont constaté un net recul des de la fréquence des infections urinaires et par conséquent de la nécessité d’un traitement aux antibiotiques.
L. Stothers : A randomized trial to evaluate effectiveness and cost effectiveness of naturopathic cranberry products as prophylaxis against urinary tract infections in women. The Canadian Journal of Urology 9 (2002), S. 1558-1562

2004 : Les scientifiques de l’université de Rutgers et de l’université du Wisconsin analysent l’effet anti-adhérence des boissons aux Cranberries par rapport aux autres aliments riches en proanthocyadinines . L’étude clinique démontre clairement que les boissons aux Cranberries sont le facteur déclenchant de cet effet, contrairement aux jus de raisin et de pommes, au thé vert et au chocolat. Ces recherches ont reconfirmé par ailleurs que la structure moléculaire des proanthocyadinines des Cranberries est unique (avec ses doubles liaisons de « type A ») générant ainsi ces effets physiologiques.
A. B. Howell, J. D. Reed, B. McEniry, C. G. Krueger, D. G. Cunningham : Bacterial anti-adhesion activity of cranberry vs. other foods. American Chemical Society National Meeting 2004..
On ne sait que peu de chose sur la rapidité d’action de CRANBERRY. En juin 2002, une étude suggère que cet effet bénéfique survient dans les deux heures suivant l’ingestion et reste perceptible plus de 10 heures au niveau urinaire5.
Pour la première fois en France, l’Agence française de sécurité sanitaire   des aliments (Afssa) s’est récemment prononcée sur la cranberry (précisément la variété Vaccinium macrocarpon). Le 6 avril 2004, cette agence nationale a rendu un avis favorable7 tant sur la sécurité8 que sur les bénéfices santé de ce produit : « la consommation de jus de Vaccinium macrocarpon (contenant 36 mg de proanthocyanidines mesurées) conduit à une diminution de la fréquence des infections urinaires dues à certains E.coli uropathogènes (…) chez des femmes adultes. Cet effet est également rapporté avec une poudre encapsulée de Vaccinium macrocarpon ».
Ainsi, les produits à base de CRANBERRY peuvent depuis cette date bénéficier de l’allégation très officielle : « contribue à diminuer la fixation de certaines bactéries E.coli sir les parois des voies urinaires ».

1 - Cochrane Database Syst Rev. 2004 ;(2) :CD001321
2 - BMJ 2001 ;322 :1571
3 - JAMA 1994 Mar9 ;271(10) :751-4
4 - Can J Urol.2002 Jun ;9(3) :1558-62
5 - JAMA. 2002 ;287:3082-3083.
6 - NEJM 2001 ;345(14) : 1007-1013
7 - Avis de l’Afssa du 6 avril 2004, Saisine n°2003-SA-0352
8 - Un seul cas de lithiase rénale avec hématurie a été rapporté chez un patient ayant des antécédents de lithiasiques avec des comprimés de 450 mg d’un concentré de canneberge depuis 6 mois. Urology. 2001, Jan ;57(1) :26-9

Voir en ligne : Article écrit par le laboratoire ARAGAN

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