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Les hôpitaux proposent leur traitement pour faire des économies

mardi 15 avril 2014, par Rédaction santé réseau.

Le sujet est sur toutes les lèvres depuis le discours de politique générale de Manuel Valls mardi dernier : le gouvernement projette de réaliser dix milliards d’économies sur les dépenses de l’Assurance maladie. Se sachant dans la visée des pouvoirs publics, la Fédération hospitalière de France (FHF) a présenté à la fin de la semaine dernière ses propositions visant à réaliser 5 milliards d’économie.

Avec cette feuille de route, les hôpitaux souhaitent témoigner leur bonne volonté, mais aussi manifester leur refus d’être les victimes d’un énième « coup de rabot » décidé à l’aveugle. Dans ce programme, où contrairement à ce qui avait été avancé il n’est pas envisagé de fermetures multiples de petits hôpitaux, la FHF invite par ailleurs les pouvoirs publics à mettre à contribution l’ensemble des acteurs de la santé.

  • On n’est jamais mieux servi que par les autres

Ainsi parmi ses propositions phares : faire le ménage dans les « autorisations d’activités et d’équipements », afin qu’elles ne soient attribués qu’aux « seuls offreurs de soins engagés dans le service public ». Ici, la FHF n’a aucune hésitation à relancer la guerre toujours larvée avec les cliniques privées. « La moitié des cliniques réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaire sur des niches d’activité et ont une participation souvent nulle au service publique. Malgré tout, ces derniers continuent à être solvabilisés grâce à des fonds publics, ce qui s’apparente à une rente subventionnée » écrit la FHF, qui propose donc une véritable révolution dans ce domaine. Outre les cliniques privées, la FHF a également dans son viseur les Agences régionales de santé (ARS). Elle estime que d’importantes coupes budgétaires sont possibles dans ces administrations. Ainsi invite-t-elle à « recentrer les ARS sur leurs missions stratégiques et diminuer de 50 % en 5 ans leurs moyens en personnels ».

  • Diminuer les prescriptions inutiles et les RTT impossibles à financer

Prompte à désigner ceux sur lesquels devrait peser la recherche de gains, la FHF est cependant consciente que la réalisation d’économies ne se fera pas sans jouer sur la masse salariale des hôpitaux. Dans ce cadre, l’une de ses propositions vise à « moderniser les organisations de travail et soutenir les établissements de santé dans leur efforts de maîtrise de la masse salariale ». Dans cette optique, où aucun objectif chiffré n’est annoncé, la FHF propose quelques pistes, telle la diminution du coût de l’heure travaillée (« sans nuire aux personnels » est-il précisé !), l’encadrement strict de l’offre d’intérim ou encore des renégociations d’accords RTT. Par ailleurs, la FHF revient sur l’un de ses principaux chevaux de bataille : la lutte contre les actes et prescriptions inutiles. Elle proclame en effet que « près de 30 % du total des prescriptions en France apparaissent comme inutiles » : une diminution drastique de ce taux permettrait de réaliser deux milliards d’économies. Enfin, de façon plus consensuelle et sur la même ligne que le gouvernement, la FHF insiste sur l’importance de développer la chirurgie ambulatoire et l’hospitalisation à domicile.

  • Déficits toxiques

Ces propositions sont faites par des hôpitaux qui continuent à connaître des situations budgétaires très difficiles. D’ailleurs, en préambule de ses propositions la FHF estime que les restructurations qu’elle suggère doivent impérativement s’accompagner d’une réflexion active sur les emprunts toxiques. Les pouvoirs publics doivent « aborder avec vigueur ce dossier » écrit-elle. Selon un rapport publié vendredi par la Cour des Comptes, les emprunts toxiques contractés par les hôpitaux représentent de fait 9 % de l’encours total de leur dette, un niveau important, mais qui ne permet pas d’expliquer entièrement la situation dramatique de nombre d’établissements. La Cour des Comptes déplore en effet un « emballement de la dette hospitalière » provoquant des « tensions de trésorerie récurrents » et des risques importants pour certains établissements. En dix ans, l’endettement des établissements a triplé, atteignant au total 30 milliards d’euros. Cette situation est en particulier liée à une politique d’investissement trop optimiste, poussée par les plans Hôpital 2007 et Hôpital 2012. « Certains hôpitaux sont proches de la rupture de trésorerie » écrivent encore les sages qui établissement le palmarès des centres les plus endettés, la palme revenant à Amiens qui cumule à 448 millions d’euros de dette et un taux d’endettement de 85 %. On le voit, la recherche de 10 milliards d’euros d’économie par le gouvernement ne peut être qu’une première étape sur la voie du redressement budgétaire global.

P.-S.

Source : UNIVADIS

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