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Médicaments : Faut-il télétransmettre aussi les arrêts de prescription ?

samedi 29 décembre 2012, par Pharmacie du Rouret.

Cette recherche, financée par les National Institutes of Health fait état d’un manque de communication lourd de conséquences entre médecins et pharmaciens. Alors que ces chercheurs du Brigham and Women ’s Hospital (BWH) et de la Harvard Vanguard Medical font état d’arrêts de traitements non communiqués à 98,5% au pharmacien qui poursuit alors leur délivrance, et d’un taux non négligeable de 12% de préjudice pour le patient, ces données publiées dans l’édition du 20 novembre des Annals of Internal Medicine appellent à télétransmettre les ruptures de traitement au même titre que les prescriptions. Une question valable pour la France.

Ce manque de communication est un sujet de préoccupation important pour la sécurité du patient mais ses conséquences n’avaient jamais été mesurées auparavant, explique le Dr Thomas Sequist, médecin   au BWH et auteur principal de l’étude. « Nous constatons que seuls 1,5% de tous les médicaments abandonnés sont signalés à la pharmacie et que 12% de ces médicaments dispensés à nouveau par le pharmacien, dans l’ignorance de l’arrêt du traitement, ont entraîné un préjudice potentiel chez les patients ».
12% des délivrances erronées, ont entraîné des conséquences pour le patient : L’étude a été menée auprès de 30.406 patients adultes ayant eu un l’arrêt de traitement par antihypertenseurs, antiagrégants plaquettaires, anticoagulants, hypoglycémiants oraux et statines entre novembre 2008 et octobre 2009. Sur un total de 83.902 médicaments arrêtés par le médecin  , 1,5% ont ensuite été re-délivrés par la pharmacie en moyenne 1 fois au cours du suivi de 12 mois. Parmi les 10 premiers médicaments les plus fréquemment interrompus, le taux de délivrance ultérieure par la pharmacie va de 0,9% pour la metformine à 2,5% pour le métoprolol (Bêtabloquant). Sur la base de l’examen de 416 dossiers de délivrance « ultérieure », des dommages au patient ont été identifiés dans 12% des cas dont des cas d’hypotension, des nausées, des étourdissements, des réactions cliniques (2%), des anomalies d’analyses biologiques (2%), des réactions allergiques (1%).
Avec l’utilisation croissante des dossiers médicaux électroniques, aux Etats-Unis comme en France, avec nos 2 systèmes… du Dossier Médical Patient (DMP) ou du Dossier Pharmaceutique (DP), l’arrêt des prescriptions pourrait également être consignée. Mais cette étude montre qu’il y a peu de rétroaction du médecin   au pharmacien. De nombreux médecins supposent, à tort, disent les auteurs, que le patient se souviendra qu’il faut arrêter de prendre tel ou tel médicament. La mise en œuvre des dossiers de santé électroniques est une excellente occasion de tracer l’arrêt d’un médicament jusqu’à la pharmacie, explique le Dr Adrienne Allen, co-auteur de l’étude. Des études doivent encore évaluer la communication entre les professionnels de santé afin de fusionner les prescriptions et leur permettre de sensibiliser et responsabiliser les patients sur leur traitement médicamenteux.
Source : Annals of Internal Medicine 20 November 2012 ;157(10):700-705 Pharmacy Dispensing of Electronically Discontinued Medications

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