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Médicaments sans ordonnance en supermarché : une proposition totalement oublieuse de la santé publique

jim

mardi 24 décembre 2013, par Pharmacie du Rouret.

L’Autorité de la Concurrence dans son avis sur la distribution du médicament à usage humain en ville prône la fin du monopole officinal pour les médicaments à prescription médicale facultative (PMF). Elle s’inspire plus du modèle « mixte » à l’italienne que du modèle « dérégulé » des pays anglo-saxons. Cette libéralisation limitée et encadrée permettrait selon elle de faire baisser leur prix de vente de 11,4% à 16,3% en faisant jouer la concurrence.Une baisse de 25% a été constatée en Italie en 2008 à la suite de la libéralisation des médicaments accessibles sans ordonnance. La multiplication des points de vente faciliterait également l’accès. Elle désire aussi plus de transparence sur les prix et donc un assouplissement de la publicité.

Une comparaison inopérante avec l’étranger

Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, conteste les conclusions de l’Autorité qui selon lui « raisonne en termes purement économiques sans faire de véritable analyse des enjeux de santé publique ». Pour lui, un surcroît de concurrence pourrait précipiter la fermeture de petites pharmaciesde centre-ville ou en zone rurale déjà fragilisées. Des fermetures qui n’iraient pas dans le sens d’une meilleure accessibilité. Si des écarts de prix de 1 à 4 peuvent être constatés, c’est bien que la concurrence entre pharmacies joue déjà observe pour sa part l’Ordre. Alain Delgutte, président de la section A de l’Ordre, rappelle quant à lui que si les prix italiens ont en effet baissé, ils partaient de beaucoup plus haut et qu’ils restent plus chers que chez nous. Selon l’étude d’IMS, réalisée à la demande de l’ONP, les prix moyens pratiqués en France sont parmi les plus bas d’Europe. Malgré cela, Philippe Gaertner se dit prêt à étudier avec le gouvernement des moyens de faire baisser les prix extrêmes. Il envisage de fixer par exemple un « corridor de prix »encadrant certains médicaments.

Les pharmaciens fourbissent leurs armes

L’ONP essaye de donner aux officinaux des moyens de résister à la pression en leur fournissant des outils : l’utilisation systématique du DP, si le patient est d’accord, pour toutes les délivrances, y compris celles sans prescription, un livret sur l’Accueil Pharmaceutique des Patients Sans Ordonnance et un site dédié à ce thème prévu pour le premier trimestre 2014. Il recommande également l’organisation large de programmes de Développement Professionnel Continu (DPC) relatifs à la contribution des pharmaciens d’officine aux soins de premier recours. Il rappelle au passage aux confrères oublieux que le code de la santé publique stipule que « le pharmacien a un devoir particulier de conseil lorsqu’il est amené à délivrer un médicament qui ne requiert pas une prescription médicale ». Si pour le moment la première manche semble avoir été remportée par les pharmaciens avec l’aide de leur ministre de tutelle, il se pourrait bien que la réalité ne soit inverse… Le clou s’enfonce dans les esprits, instillant l’idée récurrente que la fin du monopole est viable sinon enviable.

Marjolaine Labertonière

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