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Ménopause : Du nouveau sur le front du THS

samedi 20 octobre 2012, par Pharmacie du Rouret.

Le THS ou traitement hormonal substitutif (THS), controversé voire abandonné pour traiter les symptômes de la ménopause tels que les bouffées de chaleur, en raison de risques accrus de cancer du sein ou de maladies cardiovasculaires, vient d’être en quelque sorte réhabilité par cette étude danoise, publiée dans l’édition du 9 octobre du British Medical Journal. Des conclusions positives, qui ajoutent à de précédentes « réhabilitations », mais sous condition d’une durée de traitement limitée.

Le THS pourrait même réduire le risque de crise cardiaque et les femmes ne devraient plus s’inquiéter sur la prise –sur prescription médicale- d’une l’hormonothérapie substitutive pour combattre les symptômes de la ménopause, mais sous condition d’un traitement de court terme, soit pas plus de cinq ans, précisent les auteurs.
Le THS est l’objet d’un débat médical depuis plusieurs années, certaines études indiquant un risque légèrement plus élevé de maladie cardiaque, voire même un doublement du risque, et de cancer du sein, ou encore une diminution du risque d’ostéoporose et de cancer du côlon. Aujourd’hui, si la plupart des experts s’accordent à dire que si le THS est utilisé sur le court terme, cette étude confime, sur une période de traitement inférieure à 10 ans, un rapport bénéfice-risque positif.
L’équipe de l’Arhus University (Danemark) a porté sur 1.006 femmes récemment ménopausées ayant pris un traitement hormonal substitutif (THS) durant 10 ans et a évalué l’effet du THS, d’abord sur l’ostéoporose puis sur les événements cardiovasculaires et la mortalité globale chez ces femmes ménopausées. Les participantes ont été randomisées pour recevoir un THS (n=502) ou aucun traitement (n=504). Les femmes qui n’avaient pas subi d’hystérectomie ont reçu un THS combiné (avec progestérone pour protéger contre le cancer de l’endomètre). Toutes les participantes ont passé un examen physique et des tests biochimiques au départ de l’étude, puis ont passé de nouvelles évaluations et examens à 6 mois, 1 puis 2, 3, 5 et 10 ans. La durée prévue de l’étude était de 20 ans, mais à 11 ans, les femmes ont cessé le traitement alors que les effets néfastes du THS étaient signalés par d’autres essais. Mais les chercheurs ont continué à suivre les participantes les 6 années suivantes soit une durée totale de suivi de près de 16 ans.
L’étude réfute également l’augmentation avec le THS, du risque de cancer du sein, de thrombose veineuse profonde ou d’accident vasculaire cérébral (AVC  ).
A 5 ans, 75% des femmes étaient encore sous traitement.
A 10 ans,
· Le risque d’insuffisance cardiaque semble réduit de 52% (RR (THS vs none) : 0,48 IC : 95% de 0,26 à 0,87) mais sur un petit nombre d’événements : 16 femmes sous THS vs 33 dans le groupe témoin.
· Le risque de décès semble réduit de 43% (RR (THS vs none) : 0,57 IC : 95% de 0,30 à 1,08) mais sur un petit nombre d’événements : 15 femmes sous THS vs 26 dans le groupe témoin
· Le risque de crise cardiaque semble réduit de 75% (RR (THS vs none) : 0,25 IC : 95% de 0,03 à 2,21) mais sur nombre non significatif d’événements : 1 femme sous THS vs 4 dans le groupe témoin.
· Le risque de cancer (tous) est réduit de 8% (HR : 0,92, IC 95% 0,58 à 1,45), de cancer du sein HR : 0,58, IC : 95% 0,27 à 1,27), mais là encore sur un petit nombre de cas.
· Le risque de thrombose veineuse profonde (2 dans le groupe traité versus 1 dans le groupe témoin) est accru (RR : 2,01 IC : 95% de 0,18 à 22,16),
· Celui d’accident vasculaire cérébral réduit (RR : 0,77 IC : 95% de 0,35 à 1,70), 11 dans le groupe traité par THS vs 14 dans le groupe témoin)
Les chercheurs suggèrent qu’un THS tôt après la ménopause réduit le risque combiné de décès, d’insuffisance cardiaque et d’infarctus du myocarde sans augmentation apparente du risque de cancer ou d’accident cérébrovasculaire. Des conclusions à considérer néanmoins avec prudence, en raison de la petite taille de l’échantillon, mais somme toute en faveur d’un THS limité dans le temps, immédiatement après la ménopause. Alors que selon l’Endocrine Society américaine, 7 femmes sur 10, à la ménopause, souffrent de symptômes non traités, la piste mérite d’être reprise et suivie.
Source : BMJ 2012 ;345:e6409 published 9 October 2012 Effect of hormone replacement therapy on cardiovascular events in recently postmenopausal women : randomised trial

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