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Parentalité et développement : L’affection peut-elle compenser la fessée ?

vendredi 21 juin 2013, par Pharmacie du Rouret.

Quels sont les effets d’une discipline sévère avec des sanctions comme la fessée sur le risque de troubles de comportement de l’enfant plus tard dans la vie ? Cette étude américaine montre sans concession que les sanctions disciplinaires ajoutées au manque d’affection sont bien associées aux troubles du comportement. Un bémol néanmoins, l’affection pourrait « compenser » les sanctions et amortir leurs effets sur le risque de troubles du comportement. Ces conclusions, publiées dans l’édition du 16 avril de la revue Parenting : Science and Practice, sont, en fin de compte, favorables à la définition de limites claires pour l’enfant, sans sanction physique et dans un climat familial chaleureux.


Les chercheurs du Montefiore Medical Center (New York), de l’Arizona State University font ainsi la preuve, sur un petit groupe de familles américano-mexicaines, que les enfants qui ressentent les plus faibles niveaux d’affection de leurs mères et rapportent, dans leur jeune éducation, l’expérience d’une discipline sévère, sont plus susceptibles de développer des troubles du comportement.

La plupart des professionnels de la Petite Enfance sont favorables, évidemment, à l’idée que l’éducation concilie chaleur affective et discipline. Mais tout est dans les limites et les bénéfices d’une discipline sévère sur le comportement de l’enfant restent discutables. On peut citer ainsi cette étude publiée en 2012 dans la revue Pediatrics qui considérait que non seulement que la fessée appartient au passé, mais que derrière la fessée, il y a le risque de troubles de la personnalité. Ici, les auteurs confirment, a fortiori en l’absence de chaleur familiale et d’affection maternelle. Bref, l’effet de la fessée ou de sanctions physiques sur le comportement d’un enfant reste toujours une pratique à remettre en question. La discussion qui s’ouvre néanmoins, avec cette étude est qu’elle semble suggérer, dangereusement, qu’une discipline sévère, mais appliquée dans le cadre d’une relation parentale chaleureuse ne ferait aucun mal à l’enfant ? Ceci dit, ne faire aucun mal n’est pas non plus faire du bien.

Cette étude de cohorte a évalué la relation entre de dures pratiques disciplinaires parentales, chez des familles américano-mexicaines à faible revenu et les troubles de comportement plus tard chez ces 189 enfants devenus adolescents. Les données sur le mode d’éducation ont été recueillies à l’âge de 7 ans et l’affection maternelle et la sévérité de la discipline ont été évaluées à l’aide d’une échelle reconnue, en 8 points, la « Acceptance Subscale of the Children’s Reports of Parents’ Behavior Inventory ». Les données sur le comportement ont été évaluées avec l’échelle « Child Behavior Checklist » à l’âge de 12 ans en moyenne. Les auteurs constatent que,
· une discipline sévère combinée à la chaleur maternelle n’a pas d’effet sur le risque de troubles du comportement chez l’enfant,
· mais qu’une discipline sévère associée à peu d’affection maternelle conduit à une augmentation du risque de troubles du comportement,
· ces résultats restent significatifs même après avoir pris en compte les autres facteurs de confusion possibles, comme, par exemple, la pré-existence de ce type de troubles chez l’enfant.
Si l’étude portait certes sur un petit échantillon, on peut au moins conclure sur l’importance de l’affection dans l’éducation et la parentalité. Ce qui d’ailleurs ne nécessitait pas d’être démontré mais doit parfois être rappelé.

Source : Parenting : Science and Practice DOI:10.1080/15295192.2013.756353 online April 16 2013 Maternal Warmth

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