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Pilule : Faut-il interdire les 3è et 4è générations ?

samedi 22 décembre 2012, par Pharmacie du Rouret.

Une pilule sur 2 consommée en France est une pilule de 3e génération. Pourtant le débat sanitaire sur les pilules de 3e génération et leur risque de thromboembolie veineuse (TEV) ou de thrombose artérielle dure depuis maintenant plus de 3 ans. Ce premier cas de plainte d’une utilisatrice française, pour AVC  , ce 14 décembre, contre un laboratoire fabriquant d’une pilule de 3e génération, pose à nouveau la question d’interdire purement et simplement ce type de contraception- au-delà de leur déremboursement, à compter du 30 septembre 2013.

Les pilules dites de 3e génération sont apparues au début des années 2000, et contiennent le progestatif désogestrel ou gestodène ou norgestimate. Dans le cas de la patiente qui porte plainte, il s’agit de Meliane, une pilule de 3e génération à base d’estradiol et de gestodène. En France, la première pilule contraceptive dite de 3è génération avait été admise au remboursement, en septembre 2009, à 65%, par l’Assurance Maladie dans l’objectif, à l’époque, de faciliter l’accès à la contraception et en particulier à ces contraceptifs qui représentent environ 50% du volume des contraceptifs oraux.
Il est vrai que les nombreuses études menées sur le risque de thrombose lié à cette génération de contraceptifs ont été souvent contradictoires. Ainsi, pas vraiment plus de risque avec les pilules dites de 3e génération qu’avec celles de seconde génération, concluait, en janvier 2012, l’agence américaine Food and Drug Administration (FDA), il s’agit simplement de respecter les recommandations de prescription et d’utilisation ! Car on sait depuis longtemps que des niveaux élevés d’œstrogènes systémiques sont associés à un risque accru de thromboembolie veineuse, mais la TEV reste un événement rare. Mais, en avril, après avoir finalisé son évaluation, la FDA concluait à un risque plus élevé de caillots de sang ou de TEV que d’autres pilules à base de progestatifs, faisait modifier les notices e sensibilisait patientes et professionnels au rapport bénéfice-risque. La France suivait quelques mois plus tard avec une décision de la Haute Autorité de Santé, il y a quelques mois.
Donc, en France, fin du remboursement, mais pas de la mise sur le marché : Si les pilules contraceptives de 3e génération cesseront d’être remboursées à compter du 30 septembre 2013 suite à l’avis de la Haute Autorité de santé, pour SMRi et effets indésirables graves, on n’envisage pas de les interdire.
La question se pose, de la même manière, avec les pilules de 4e génération : Un risque accru de caillots ou thrombose veineuse avec l’utilisation de pilules contraceptives de « 4e génération » ou avec les dispositifs contraceptifs contenant des combinaisons d’hormones de synthèse, telles que la drospirénone, l’éthinylestradiol ou l’étonogestrel a en effet été démontré. L’Agence américaine FDA a déjà alerté sur leurs risques à plusieurs reprises et devrait décider, dans les jours qui viennent du sort de ces contraceptifs, au vu des plus de 10.000 plaintes qui s’accumulent déjà aux Etats-Unis. Les dernières données montreraient en effet un risque accru de 74% de thrombose veineuse et qui augmenterait dès les 3 premiers mois d’utilisation.
Sources : FDA Drug Safety Communication, Report : Combined Hormonal Contraceptives (CHCs) and the Risk of Cardiovascular Disease Endpoints. Ministère des affaires sociales et de la Santé Fin du remboursement des pilules de 3e génération à compter du 30 septembre 2013 (visuel Fotolia)

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