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Un régime alimentaire pour prévenir l’infertilité ?

samedi 16 juillet 2011, par Pharmacie du Rouret.

Ces chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) montrent, sur un modèle animal, que la restriction de l’apport calorique chez les femelles adultes peut prévenir l’infertilité liée à l’âge et tout un éventail d’anomalies, telles que des chromosomes surnuméraires ou manquants, qui surviennent plus fréquemment, dans les cellules des ovocytes des mammifères femelles en cours de vieillissement. Ce rapport est publié dans l’édition en ligne du 4 juillet des comptes-rendus de l’Académie Nationale des Sciences aux USA (PNAS).

Ces chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) [1] montrent, sur un modèle animal, que la restriction de l’apport calorique chez les femelles adultes peut prévenir l’infertilité liée à l’âge et tout un éventail d’anomalies, telles que des chromosomes surnuméraires ou manquants, qui surviennent plus fréquemment, dans les cellules des ovocytes des mammifères femelles en cours de vieillissement. Ce rapport est publié dans l’édition en ligne du 4 juillet des comptes-rendus de l’Académie Nationale des Sciences aux USA (PNAS).

« Nous avons constaté que nous pouvions empêcher complètement, sur un modèle murin, tous les défauts de qualité des ovocytes “en déclin” typiques chez la femme âgée », explique le Pr. Jonathan Tilly, auteur principal et directeur du Vincent Center for Reproductive Biology du Massachusetts General Hospital. “Nous avons également identifié un gène qui peut être manipulé pour reproduire les effets de la restriction calorique alimentaire et améliorer la qualité des ovocytes en cas de vieillissement, ce qui nous permet de penser que nous serons bientôt en mesure de modifier ce processus pour imiter les effets de la restriction calorique. »

De nombreuses études ont montré que les animaux dont la ration alimentaire est limitée mais suffisante pour éviter la malnutrition vivent plus longtemps et présentent moins de signes de vieillissement que les animaux qui consomment autant de nourriture qu’ils le veulent. Les effets à long terme d’une restriction calorique chez l’homme sont en cours d’étude, mais certains bénéfices pour la santé, dont la réduction du cholestérol et d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, ont déjà été signalés. Une étude antérieure menée par l’équipe de Tilly a constaté que les souris femelles maintenues à un régime avec restriction calorique pendant la majeure partie de leur vie adulte ont pu maintenir leur fertilité dans un âge très avancé, même après avoir été autorisées à reprendre une alimentation libre.

Une étape clé dans le développement des cellules reproductrices - du sperme et des ovules – est la méiose, lors de laquelle les précurseurs du sperme et l’œuf avec deux copies de chaque chromosome sont divisés en cellules spécialisées avec un seul exemplaire de chaque chromosome. Les anomalies associées à la méiose telles que les copies supplémentaires ou manquants de chromosomes, sont plus fréquentes avec le vieillissement et ont une grande incidence sur l’infertilité, les fausses couches et les malformations congénitales telles que la trisomie 21.

Cette équipe a donc étudié de plus près les facteurs métaboliques qui sous-tendent ces résultats. Ils ont d’abord suivi deux groupes de souris femelles jeunes adultes (âgés de 3 mois) à 1 an, un âge où la fertilité serait normalement diminuée. Un groupe a été autorisé à se nourrir librement, l’autre a été maintenu à un régime avec restriction calorique pendant environ 7 mois puis a été remis sous alimentation libre pour le dernier mois de la période d’étude. Alors que les souris montrent une baisse du nombre d’ovules libérés lors de l’ovulation avec l’âge, les cellules reproductrices des souris du groupe sous régime étaient semblables à celles de femelles jeunes et ne montrent aucun signe de vieillissement prédictif d’anomalies.

Si les mécanismes par lesquels la restriction calorique produit ces effets sont encore à l’étude, plusieurs des voies métaboliques impliquent un régulateur de la transcription de l’ADN appelé PGC-1α, connu pour moduler des gènes impliqués dans le contrôle de la fonction mitochondriale. Et une modification du gène PGC-1α permet de maintenir la qualité de l’ovule malgré le vieillisement.

"Si nous trouvons un moyen de reproduire en toute sécurité chez la femme les effets que nous avons constaté dans cette étude sur les souris, nous pourrons être en mesure d’améliorer à la fois chances d’une femme de tomber enceinte et, pour les femmes qui ont recours aux techniques de PMA d’améliorer la qualité des ovules voire éliminer les éventuelles anomalies chromosomiques”.

Notes

[1] Proceedings of the National Academy of Sciences via Eurekalert Study suggests new strategy to prevent infertility, birth defects

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