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Valproate de sodium et grossesse : un rapport « caché » relance le scandale sanitaire

vendredi 12 août 2016, par Rédaction santé réseau.

Selon une étude conduite par l’Agence du médicament, non rendue publique et qu’a pu se procurer Le Canard Enchainé plus de 10 000 femmes enceintes auraient été traitées par du valproate de sodium entre 2007 et 2014…bien que cet antiépileptique, commercialisé depuis 1967, était connu pour ses effets tératogènes depuis les années 80

et que ceux-ci étaient signalés depuis 2010 sur les notices (il était déconseillé en cas de grossesse depuis les années 80 mais largement prescrit en raison de sa remarquable efficacité et du peu d’alternatives thérapeutiques disponibles).

 Des milliers d’enfants concernés depuis 2007 plutôt que quelques centaines ?

Les différentes études scientifiques sur le sujet faisant état de 10 % de malformations et de 30 à 40 % de troubles du développement chez les enfants dont la mère a eu recours à cette thérapeutique, on pourrait évaluer à plusieurs milliers les ’enfants victimes du valproate de sodium’ depuis 2007 selon l’hebdomadaire, alors que l’IGAS évaluait ce nombre à 450 dans un document publié au début de l’année.

 Une étude « soigneusement cachée aux familles » ?

Le journaliste Isabelle Barré, qui signe cette enquête, accuse le ministère d’avoir « soigneusement caché aux familles » les dernières informations délivrées au ministère sur ce « scandale sanitaire ». Ce dernier s’est, quant à lui, défendu de toute volonté de dissimuler ou de minorer l’impact sanitaire de l’utilisation du valproate de sodium pendant la période 2007-2014, en expliquant, que pour l’heure, seule une partie de ces travaux avait été mis à la connaissance du ministre et en précisant que ce « premier volet » sera bien présenté à l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (APESAC), le 24 août prochain.

 Deux professeurs de médecine dans la tourmente

Le Canard Enchainé met également en cause deux professeurs de médecine l’un exerçant au CHU de bordeaux et l’autre à l’hôpital Robert Debré de Paris. Selon le journal, ces deux médecins auraient nié l’implication de cette molécule dans les pathologies d’enfants de parturiente ayant utilisé ce traitement, en raison de leurs relations avec une filiale du laboratoire principal titulaire de l’autorisation de mise sur le marché. Assertions que ces deux praticiens récusent énergiquement, arguant du fait que d’éventuels « conflits d’intérêts », ne peuvent en aucun cas venir influencer leurs diagnostics.

P.-S.

Source : UNIVADIS Paris, le mercredi 10 août 2016

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