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Zolpidem, pourquoi la nouvelle règlementation.

mercredi 12 avril 2017, par Rédaction santé réseau.

Le 7 janvier 2017 a été publié un arrêté modifiant les conditions de prescription et délivrance du zolpidem qui prendra effet le 10 avril 2017. Cette mesure, qui applique au zolpidem une partie de la réglementation des stupéfiants, a été prise pour limiter le risque d’abus et de détournement de ce médicament et d’en favoriser le bon usage.

Le zolpidem est une substance apparentée aux benzodiazépines (zz drug). Tout comme la zopiclone (Imovane®), il possède une demi-vie courte, d’où son utilisation comme hypnotique. Pourtant, de par ses propriétés psychostimulantes, le potentiel d’abus/dépendance du zolpidem diffère de celui de la zopiclone et des autres benzodiazépines.
Ces spécificités pharmacologiques sont confirmées par les données des enquêtes nationales du réseau d’addictovigilance et celles publiées dans la littérature, montrant au fil du temps une augmentation du nombre et de la sévérité des cas d’abus et de pharmacodépendance liés au zolpidem et 2 populations de consommateurs distinctes :

  1. une population d’utilisateurs chroniques de doses élevées mais ayant une utilisation thérapeutique du zolpidem
  2. une population présentant un mésusage ou un abus à la recherche d’un effet autre qu’hypnotique notamment récréatif (quête compulsive de médicament à la recherche d’effets positifs : stimulant, euphorisant, anxiolytique,antalgique, auto‐thérapeutique) voire une utilisation détournée par les usagers de drogues, avec des cas d’injections IV et de prise par voie nasale. Ces cas décrivent parfois l’utilisation de doses très élevées ou mégadoses allant jusqu’à 2000 mg/j (200 comprimés).

De plus, on observe depuis plusieurs années une augmentation du nombre de cas de soumission chimique avec le zolpidem, utilisé pour son effet désinhibiteur et l’amnésie antérograde qu’il provoque. Le zolpidem est également depuis 2007 le médicament le plus rapporté dans l’enquête OSIAP (Indicateur d’Abus Possible – réalisée auprès des
pharmacies d’officine).

Aussi, on ne retrouve pas avec la zopiclone d’utilisation de mégadose ni de détournement de la voie d’administration bien qu’elle présente des risques comparables à ceux des autres benzodiazépines (dépendance, abus, prise chronique, tolérance, sevrage à l’arrêt, etc…).

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