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a polyarthrite rhumatoïde

vendredi 14 septembre 2018, par Rédaction santé réseau.

Parmi les maladies rhumatismales, la polyarthrite rhumatoïde est certainement l’une de celles qui a fait l’objet du plus grand nombre de progrès scientifiques au cours des vingt dernières années. Ces progrès ont commencé au cours des années 1980 par une meilleure connaissance des mécanismes à l’origine de la maladie. Ensuite, le développement de traitements ciblés a apporté une amélioration de la qualité de vie des patients que l’on n’aurait pas pu imaginer il y a deux décennies.

 Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde (PR  ), appelée autrefois polyarthrite chronique évolutive (PCE), est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Parce qu’elle atteint les articulations et provoque la destruction progressive du cartilage et des os, la polyarthrite rhumatoïde entraîne des répercussions fonctionnelles, psychologiques, sociales et professionnelles parfois graves.

La polyarthrite rhumatoïde peut survenir à tout âge, mais elle apparaît surtout chez des personnes âgées de 40 à 60 ans. À cet âge, elle est quatre fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Cette différence entre les sexes s’atténue progressivement pour disparaître au-delà de 70 ans. En France, on estime que 5 200 nouveaux cas de polyarthrite rhumatoïde surviennent chaque année et que cette maladie touche environ 0,5 % de la population, soit plus de 300 000 personnes.

 Quels sont les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde ?

L’arthrite est l’inflammation d’une articulation. Elle peut avoir de très nombreuses causes. Le terme « polyarthrite » signifie que plusieurs articulations sont touchées. Le terme « rhumatoïde » fait référence au fait que, dans le sang des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, il est possible d’isoler des substances dites « facteurs rhumatoïdes » (des anticorps dirigés contre d’autres anticorps de la même personne). Ces facteurs rhumatoïdes sont caractéristiques des maladies dites « auto-immunes ».

La polyarthrite rhumatoïde affecte tous les éléments d’une articulation (à la différence de l’arthrose où seul le cartilage est touché). L’inflammation provoquée par la réaction auto-immune entraîne une surproduction de liquide synovial. Ce liquide s’accumule, la membrane synoviale s‘épaissit et l’articulation enfle. Les éléments voisins (capsule, tendons, etc.) durcissent et deviennent douloureux. Des érosions du cartilage se développent au niveau des os et l’articulation devient de plus en plus raide.

Dans la majorité des cas, la polyarthrite rhumatoïde apparaît progressivement au niveau des poignets et des articulations des mains et des pieds, parfois au niveau des genoux ou des coudes. Les articulations concernées sont douloureuses, rouges avec une sensation de chaleur, et raides. Le moment où les douleurs sont le plus intenses est caractéristique des rhumatismes inflammatoires : la nuit, où elles réveillent les patients, et surtout le matin au réveil, avec une raideur articulaire qui disparaît dans la matinée. Les articulations concernées sont parfois légèrement enflées : par exemple, les doigts prennent un aspect « en fuseau ». Fréquemment, ces symptômes s’accompagnent de signes plus généraux : fièvre légère, fatigue, perte de poids et d’appétit, etc.

Une fois déclarée, la polyarthrite rhumatoïde s’aggrave progressivement et s’étend à d’autres articulations sous la forme de poussées successives entrecoupées d’accalmies relatives. L’atteinte et la destruction des articulations se produit le plus souvent de façon symétrique (des deux côtés du corps) et entraîne des douleurs chroniques, qui peuvent être intenses, et des déformations qui peuvent occasionner un handicap (on estime que la polyarthrite rhumatoïde est invalidante chez 20 à 25 % des patients).

La polyarthrite rhumatoïde se caractérise par la possibilité de nombreuses complications liées à l’état inflammatoire permanent qui caractérise cette maladie, ainsi qu’à sa nature auto-immune.

 Polyarthrite rhumatoïde et maladies cardiovasculaires

L’existence d’une polyarthrite rhumatoïde augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire : infarctus du myocarde, angine de poitrine, thrombophlébite, accident vasculaire cérébral (« attaque »), etc. Cette complication, due à un état inflammatoire permanent, est la première cause de mortalité chez les personnes qui souffrent de polyarthrite rhumatoïde.

Les mesures générales de prévention des maladies du cœur et des vaisseaux (arrêt du tabac, alimentation équilibrée, exercice physique régulier) s’appliquent donc tout particulièrement aux personnes qui souffrent de polyarthrite rhumatoïde, ainsi qu’un suivi médical régulier pour dépister et traiter les autres facteurs de risque cardiovasculaires : excès de cholestérol, hypertension artérielle, surpoids et obésité, diabète, etc.

 Polyarthrite rhumatoïde et ostéoporose

Chez les femmes, la polyarthrite rhumatoïde représente un facteur de risque de développer une ostéoporose. En effet, la densité des os diminue chez les personnes qui souffrent d’inflammation chronique. Les traitements corticoïdes prescrits chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ne semblent pas être à l’origine de cette complication, mais ils pourraient y contribuer.

 Les autres complications de la polyarthrite rhumatoïde

Après plusieurs mois, la polyarthrite rhumatoïde peut provoquer des complications qui touchent de nombreux organes. Ces manifestations s’observent surtout dans les polyarthrites anciennes, où les lésions osseuses sont visibles à la radiographie, et lors desquelles des taux élevés d’anticorps dits « anti-nucléaires » (témoins de la maladie auto-immune) sont mesurés dans le sang. Ces complications sont diverses.

Polyarthrite rhumatoïde et syndrome sec
Cette complication touche de 10 à 30 % des patients et se traduit par une sécheresse des yeux et de la bouche.

Polyarthrite rhumatoïde et nodules rhumatoïdes
Ces petites bosses dures, non douloureuses, apparaissent le plus souvent au bout de quelques années d’évolution de la polyarthrite rhumatoïde. Ce sont les complications les plus fréquentes. Rarement présents au début de la maladie, les nodules rhumatoïdes se forment surtout sous la peau des avant-bras et des coudes, parfois sur les doigts où ils sont multiples et petits, ou aux genoux. Ces nodules augmentent ou diminuent lentement de volume au cours de la maladie, voire disparaissent spontanément ou sous l’effet du traitement contre la polyarthrite.

Polyarthrite rhumatoïde et vascularite (inflammation vasculaire)
Cette inflammation touche surtout les plus petites artères, parfois les petites veines. Elle semble due à des dépôts de complexes d’anticorps sur la paroi interne des vaisseaux sanguins. La vascularite peut se manifester par des taches rouges autour des ongles, des ulcères de la peau ou des troubles circulatoires importants au niveau des doigts et des orteils.

Polyarthite rhumatoïde et complications pulmonaires ou cardiaques
Le traitement de fond ou les traitements à base de corticoïdes peuvent augmenter le risque de développer des pneumonies ou une péricardite (inflammation de la membrane qui enveloppe le cœur).

Les autres complications de la polyarthrite rhumatoïde
L’anémie est une complication fréquente de la polyarthrite rhumatoïde. Sa sévérité est liée à l’activité de la maladie.
La sclérite, une inflammation de l’enveloppe blanche de l’œil qui guérit lentement.
Des complications rénales dues au dépôt de protéines dans les reins (amylose) ou aux médicaments.
Des complications au niveau de la peau : coloration rouge vif de la paume des mains (érythème vermillon), coloration jaune des ongles jaunes ou phénomène de Raynaud (trouble circulatoire des doigts ou des orteils).

 Quelles sont les causes de la polyarthrite rhumatoïde ?

Bien que l’origine de la maladie reste inconnue, les connaissances à ce sujet ont progressé au cours des dernières années. La polyarthrite rhumatoïde est considérée comme une maladie auto-immune (comme le lupus érythémateux ou la sclérose en plaques  , par exemple) en raison de la présence d’anticorps produits par des cellules du système immunitaire et dirigés contre l’organisme lui-même.

Plusieurs facteurs semblent impliqués dans le déclenchement de la maladie, notamment :

  • des facteurs dits environnementaux (en particulier le tabagisme, ainsi que des traumatismes ou des chocs émotionnels) ;
  • l’activation des défenses immunitaires suite à une infection (angine ou grippe, par exemple) ou, rarement, suite à une vaccination ;
  • un terrain génétique favorable (des gènes pouvant expliquer certaines prédispositions familiales ont été identifiés) ;
  • des facteurs hormonaux (les modifications hormonales dues à la grossesse ou à la ménopause, par exemple).

 Peut-on prévenir la polyarthrite rhumatoïde ?

Il n’existe pas de moyen reconnu de prévenir la polyarthrite rhumatoïde. Il est parfois possible d’éviter certains facteurs déclenchants, comme le tabagisme.
Comment fait-on le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde ?

Pour une meilleure efficacité des traitements, la polyarthrite rhumatoïde doit être prise en charge rapidement après l’apparition des symptômes (dans les trois à six mois après le début des symptômes). Le diagnostic doit donc être posé le plus rapidement possible.

Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde débutante est difficile et se fait essentiellement à partir des symptômes observés : articulations gonflées, chaudes ou douloureuses, dérouillage matinal de plus de trente minutes, atteinte symétrique du corps, etc. En second lieu, il est essentiel d’éliminer d’autres maladies : arthrite d’origine infectieuse, spondylarthrite, lupus, goutte, etc.

Pour confirmer le diagnostic clinique, le médecin   prescrit des examens radiologiques des mains, des poignets et de toutes les articulations atteintes. Si le doute persiste, il peut prescrire des examens plus sensibles tels que l’échographie ou l’IRM pour détecter une inflammation de la membrane synoviale ou les premières érosions osseuses. Le médecin   fait également pratiquer un bilan sanguin : recherche de marqueurs de l’inflammation (vitesse de sédimentation, protéine C réactive, par exemple), recherche de facteur rhumatoïde (parfois absent), recherche d’autres anticorps indiquant une maladie auto-immune, etc. Ce bilan peut être complété par un examen du liquide synovial pour rechercher des éléments caractéristiques de l’inflammation.

 Peut-on prédire l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie dont l’évolution est extrêmement variable d’une personne à l’autre. Il existe des formes sévères (chez 10 à 20 % des patients) à évolution beaucoup plus rapide, aboutissant en un à deux ans à une polyarthrite généralisée, très inflammatoire, avec un handicap important. La polyarthrite rhumatoïde peut également être bénigne (elle peut guérir spontanément) et entraîner peu ou pas de gêne fonctionnelle, avec des déformations minimes, voire inexistantes, même après plusieurs années d’évolution (c’est le cas d’environ 25 % des patients).

Une fois le diagnostic posé, l’étape finale consiste à rechercher des éléments permettant de prédire l’évolution vers une polyarthrite chronique et destructrice (recherche des facteurs pronostiques) : sévérité des symptômes au début de la maladie, nombre d’articulations douloureuses ou enflées, lésions vues à la radiographie, marqueurs sanguins de l’inflammation, etc.

Il existe également des marqueurs génétiques du pronostic : la polyarthrite est associée à certains gènes du système HLA, le système de compatibilité utilisé dans les greffes d’organe. Des particularités de ces gènes sont associées à une prédisposition à la polyarthrite rhumatoïde. Un de ces gènes dits « à risque » est présent chez 70 à 80 % des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. L’influence de ces facteurs génétiques serait plus importante dans les formes sévères de la polyarthrite rhumatoïde.

D’autres facteurs semblent augmenter le risque de handicap fonctionnel à long terme lors de polyarthrite rhumatoïde : un âge élevé au début de la maladie, le sexe féminin, mais également un faible niveau d’éducation ou un statut socio-économique défavorisé.

P.-S.

Source : Vidal EurékaSanté du 20/07/2018

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